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De vieilles légendes circulent à présent dans les plus sombres ruelles de certaines villes. A Tortuga, les vieux ivrognes témoignent de leur engouement à en savoir bien plus que les autres ; certains parlent, bien trop. Quelque part en mer, se trouve une île, habitée ou non, nul ne le sait. Une seule chose reste certaine, c'est qu'elle reste protégée par un grand navire avec des voiles noires; s'étant comme figé dans le temps. Un équipage maudit et obligé de rester aux bords de cette île, à faire ce devoir, celui de la défendre d'opportuns visiteurs et autres petits curieux.

On raconte qu'ils seraient possédés, maudits ; que la déesse des mers elle-même les auraient condamnés à cette éternelle vie, uniquement consacrée à ce même et lancinant devoir. Les rares personnes s'étant approchés de cet endroit, n'en sont jamais revenus pour le prouver. La Fontaine de Jouvence existe-t-elle réellement?


Une carte mènerait à ce fameux secret, une carte que possèderait le capitaine Jack Sparrow. (more?)

FORUM'S THEME

Thanks to Steyda (Gabriel).
THE STAFF


DÉBUT FÉVRIER 2010 - ouverture du forum, AGAINST THE WORLD.

NEWS DU CINQ MARS 2010 - le forum change de design pour adopter le numéro deux, what we fighting for.
 
NEWS DU VINGT-HUIT MARS 2010 - en cette fin de mois et pour fêter la venue du mois d'avril, la troisième version all we need est mise en place ; n'hésitez pas à donner votre avis sur la troisième version ici même, (:

NEWS DU NEUF AVRIL 2010 - un recensement à été mis en place, et tous les membres sont conviés à signaler leur présence à cet endroit. Pour continuer sur une note plus joyeuse, un concours prévoyant l'emblème de la chronique mensuelle d'ATW est officiellement lancé dans la galerie artistique du forum ; que vous pourrez retrouver en lien direct ici-même; =D Bon courage à tous!

NEWS DU PREMIER MAI 2010 - le forum change de nouveau de design pour adopter sa quatrième version, be prepared ; (:

NEWS DU DEUX MAI 2010 - le recensement du forum étant terminé, les membres ne s'étant pas manifestés ont été supprimé.

NEWS DU VINGT-DEUX JUIN 2010 - nouveau design mit en place, ce dernier en est à sa cinquième version, all i ever wanted is war.

NEWS DU PREMIER OCTOBRE 2010 - après un hiatus, le forum reviens parmi nous, avec une nouvelle version du design (world domination, one step at a time), ainsi qu'une intrigue (inscriptions à cet endroit) ! bon jeu à tous ! /o


/ INSCRIPTIONS A L'INTRIGUE :
« Caribbean Thunder! »

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 « two-faced woman, bootlicker, tea lady, smooth talker, spokeswoman. » end.

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Lady Elvira L. G. GreyG O V E R N O R; ♣ « despote & politicienne manipulatrice »

« Inscrit(e) le » : 17/08/2009
« Parchemins enregistrés » : 624
« Where are you ? » : quelque part derrière mon arc-en-ciel, à jeter des fleurs partout où je passe. peace&love.
« RP Age » : twenty-nine years old. (she's not a old lady)
« What do you want ? » : un coeur. *sbaf*
« Quote » :
    'In order to get power and retain it, it is necessary to love power; but love of power is not connected with goodness but with qualities that are the opposite of goodness, such as pride, cunning and cruelty.' - cf. Leo Nikolaevich Tolstoy (quotation)



ONE-WAY TO KNOW~
« Parti Politique »
: Winners.
« Profession Exercée »
: Dictator Governor of Port Royal | Beckett's Assistant
« Relationnel »
:
MessageSujet: « two-faced woman, bootlicker, tea lady, smooth talker, spokeswoman. » end.   Dim 7 Fév - 2:48


ELVIRA LYNNE GONERIL GREY JR.


L A D Y G R E Y
- I am the savior of the nation, I am the guardian of the people,
I am the master of all the crawls upon the earth and swims in the sea.
And you fuckers have fucked me in the ass for the last time! -


    © credit

    RÉGNER EN ENFER VAUT MIEUX QUE DE SERVIR AU PARADIS
    NOM, PRÉNOM(S) - Grey est un nom qui aspire à une certaine classe sociale, ce nom désigne l'une des plus puissantes familles de Grande-Bretagne, proche du Roi d'Angleterre; lord Grey, le chef de famille, fut même un de ses proches conseillers par le passé. Elle voit ses origines dans la royauté, l'une des figures importantes de cette vieille famille, fut Lady Jeanne Grey, petite nièce du roi Henri VIII ; et dite la Reine de Neuf Jours. Cette dernière ne fut pas officiellement couronnée, mais eut le Royaume d'Angleterre entre ses mains pendant une simple semaine, juste avant de se faire exécutée et trahie par sa propre cousine. C'est à travers les siècles que cette famille grimpa aux yeux des gens, en rencontrant et épousant les bonnes personnes pour finir par devenir ce qu'elle est aujourd'hui, à notre ère. Elvira Grey, désormais l'héritière d'une partie de cette grande famille aristocratique, elle en reste cependant bien trop blasée pour éprouver ne serais-ce qu'un sentiment de satisfaction. Rien n'est suffisant à ses yeux, et le prestige ainsi que l'influence que lui rapporte le nom Grey n'est probablement pas encore important pour sa folie des grandeurs démesurée. Cependant, il faut reconnaître que la belle estime beaucoup ses racines, ses ancêtres, et le fait que son père reconnaisse enfin qu'elle est leur unique espoir de perpétuer une partie de la noblesse. Elvira. Son premier et officiel prénom. La plupart des gens la nomment ainsi, en particulier lorsqu'elle n'avait que dix ans ; à présent, ce n'est sûrement plus la même chanson. En réalité ? Elle déteste qu'on l'utilise lorsqu'un certain cadre de proximité, ou d'intimité n'a pas nullement été établit au préalable. L'appeler par son prénom, en restant un pur inconnu à ses yeux est très mal placé, et lui vaudra généralement un regard acide et froid. Cela ne veux pas dire qu'elle méprise son prénom, loin de là, Elvira est si -- peu commun. Et la snobinarde qu'est l'héritière aime par-dessus tout sortir des normes habituelles et se démarquer par de maigres petits détails qui feront toute la différence. Lynne et Goneril sont ses deux autres prénoms. Elvira les apprécient énormément, et généralement, ses proches se mettent à lui donner de nombreux surnoms à l'aide de quelques particules de ses deux prénoms ; les plus courants sont Lynn, Lily ou encore Nor.
    DATE, LIEU DE NAISSANCE & AGE - Elvira Lynne Grey Junior est née le vingt août mille-six-cent-soixante-et-un ; lors d'un bel après-midi pluvieux, dans la charmante ville de Cambridge - ville de bourges extravagants - en Angleterre. Elle est donc en ce moment même âgée de vingt-neuf ans, et l'idée de frôler tout juste la trentaine l'angoisse quelque peu. Elvira n'aime pas parler de son âge, ainsi, si vous désirez éviter la crise de nerf, ne mentionnez jamais le mot trente devant elle.
    SIGNE ASTROLOGIQUE - Étant née au mois d'août, la belle à ainsi hérité du signe du roi de la Jungle. Le Lion.
    ORIENTATION SEXUELLE - Elvira est une hétérosexuelle pure et dur.
    ORIGINES - Née en Angleterre, ses origines sont purement Britanniques ; cependant, elle dispose de quelques branches germaniques du côté de sa mère.
    LIEU DE RÉSIDENCE - Lady Grey à son propre manoir de petite noble mal bien élevée au fond du quartier résidentiel bourgeois de Port Royal.
    RICHESSE MATÉRIELLE - Immensément riche.
    RANG DANS LA SOCIÉTÉ - C'est une Lady aux yeux de la Haute Société, et une petite garce calculatrice pourrie-gâtée de première.


    CAMP - Celui des plus offrants, pardi...et le plus respectable, la noble Compagnie des Indes & de la Couronne d'Angleterre.
    VOTRE POLITIQUE - Elvira Grey n'a qu'une seule politique, la sienne. Une politique autoritaire, dictatoriale, tyrannique et extrémiste. Mais elle à fondé sa propre loi d'après les exploits et actes de l'homme qu'elle admire le plus, lord Beckett. Selon elle, il est la loi absolue.
    PROFESSION EXERCÉE - Lady Grey exerce ses fonctions entant que Gouverneur de Port Royal, depuis déjà quelques semaines. Elle fut également l'assistante personnelle de lord Beckett.





    "The way you held me, I knew that this could be. What I've been waiting to find. Darling, look at me, I've fallen like a fool for you ; darling, can't you see, I'd do anything you want me to. I tell myself I'm getting in to deep, then I fall a little farther every time you look at me."
      |LOOK AT ME - CARRIE UNDERWOOD|

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Dernière édition par Lady Elvira L. G. Grey le Mar 22 Juin - 19:27, édité 14 fois
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Lady Elvira L. G. GreyG O V E R N O R; ♣ « despote & politicienne manipulatrice »

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MessageSujet: Re: « two-faced woman, bootlicker, tea lady, smooth talker, spokeswoman. » end.   Dim 7 Fév - 3:57



« i'm so glad we've almost made it »
.




I — interview.
.
“Cochez la phrase correspondante à votre réponse. Vous pouvez y ajouter un peu de couleur ou non, si vous le désirez, (:”
– imaginez-vous sur un navire qui commence à couler, vous êtes seul, vous êtes obligé de plonger, mais vous avez le choix d’emporter quelque chose avec vous, vous choisissez entre :
[ ] 1. Sauter par-dessus bord sans prendre quoi que ce soit. – vous vous dites que votre vie est plus importante qu’un objet qui ne vous servira peut être pas –
[ ] 2. Prendre une bouteille de rhum. – le pire de la mort ? ne pas avoir d’alcool –
[ ] 3. Vous précipiter pour chercher un objet qui à une immense valeur matérielle. – vous refusez de partir sans votre fierté personnelle matérielle et puis qui sait, il y a peut être un trafic sur une île quelque part où vous pourrez le vendre –
( X ) 4. Vous emportez une arme avec vous. – il y a peut-être des ennemis en mer –
[ ] 5. Vous êtes gourmand et emportez tout un sac de babioles avant de sauter à la mer ! – même si vous risquez de couler avec, tant pis ! –


– vous avez sauté à la mer, et une île se dessine non loin devant vous, vous décidez de nager et une fois arrivé, vous remarquez qu’elle est presque habitée, mais par des personnes qui ne parlent pas votre langue.
[ ] 1. Vous établissez un campement à l’abri de tous, en espérant qu’un navire passera par-hasard par là. – l’espoir fait encore vivre –
[ ] 2. Vous tentez de négocier avec les occupants de l’île de toutes les manières possible pour vous faire comprendre, et vous réussissez ! – autant se faire le plus d’alliés que possible –
[ ] 3. Vous la jouez perso et menacez tout le monde avec une arme… – opportunité suicidaire, bien que possible, étant donné le peu d’habitants et leur ignorance des armes à feu –
( X ) 4. Vous devenez leur chef et vous installez ici le temps qu’on vienne vous chercher. – et puis, vous êtes le leader d’une tribu, le rêve non ? –
[ ] 5. Vous vous immisciez parmi eux et vendez vos objets personnels, en guettant la plage.


– c’est la guerre, deux camps sont en opposition et il vous faut choisir un parti le plus vite possible avant le déclenchement des hostilités…
( X ) 1. Choisir un camp ? Pas besoin, c’est vous le chef d’un des partis. – et vous vous trouvez le plus fort, vous allez gagner, obligatoirement –
[ ] 2. Vous jouez ça à pile ou face. – quelle importance ? tant que vous vous défoulez, après vous verrez –
[ ] 3. Vous vous battez pour vos amis, vos proches ou votre amour. – et la guerre sera sanglante –
[ ] 4. Vous vous arrangez pour rejoindre le camp des plus forts. – une fois assuré qu’Untel va gagner à 100%, votre choix est fait ! –
[ ] 5. Vous fuyiez en cours de bataille lorsque votre groupe commence à perdre, et vous réfugiez dans l’autre camp, ni vu ni connu … – après tout, la survie avant tout, hein ! –


– malheureusement, votre équipe à perdu. vous vous retrouvez comme seul(e) survivant(e) face à vos ennemis...quelle est la première chose que vous faites?
[ ] 1. Vous les fixez droit dans les yeux, et leur dites de vous tuer sur-le-champ. – vous ne voyez pas l'intérêt de négocier avec ceux qui vous ont tout enlevé –
[ ] 2. Vous œuvrez pour une tentative de séduction devant le capitaine. – avec un peu de chance vous survivrez, mais vous devrez vous coltiner l'ennemi –
[ ] 3. Vous énoncez toutes les raisons qui font que vous pouvez être utile, et leur faites réaliser qu'il serait plus judicieux de vous garder en vie. – pourparler? –
( X ) 4. Pour qui vous prend-t-on? Vous méritiez de gagner, vous ne comprenez pas et entamez une négociation avec le responsable du navire en l'amadouant et le menant en bateau un certain temps. – rien de mieux que de s'approcher de son pire ennemi pour le poignarder dans le dos par la suite! –
[ ] 5. Simple, vous rejoignez leur camp en prouvant votre valeur. – un navire est un navire hein, pas de différence au fond! –





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Dernière édition par Lady Elvira Lynne Grey le Sam 8 Mai - 17:55, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: « two-faced woman, bootlicker, tea lady, smooth talker, spokeswoman. » end.   Dim 7 Fév - 3:58


THE ONE-WAY MERCY
la loi du seigneur est absolue
♦️ ♦️ MY DUTY IS TO SERVE MY LORD, THE DUTY
OF MY LORD IS TO KEEP MY SECRET
«three hard crimes»

« Le monde extérieur est corrompu et pourri, le chaos ne punit pas le mal et ne récompense pas non plus le bien, le chaos écourte la vie d’innocents, et nous devons nous résigner à l’accepter. Je le refuse catégoriquement. Vous êtes au cœur d’un magnifique instrument de changement. Grâce à lui je referais le monde. Ma création sera d’une perfection absolue. Lorsque viendra le temps, de ranger vos armes et de parcourir les mers sans danger. Sans craindre la moindre tuerie, le moindre massacre et la moindre tentative. Mes amis. La piraterie est un fléau que nous nous devons d’exterminer le plus vite que possible. Je vous guiderais vers le chemin de la gloire et de la renaissance de vos mœurs perdues. Toutes vos pertes seront vengées. Par la mort du dernier pirate de ce monde. A mes côtés, vous vaincrez. Mais ma volonté seule ne suffit pas pour cette tâche monumentale. C’est uniquement grâce à votre labeur, grâce à votre travail, et grâce à votre détermination que Port Royal sera transformé. N’ayez pas peur de combattre, de mourir. Car votre plus belle action sera de voir vos tendres proches vous remercier. La dévotion. La prestance. Le remerciement. Les acclamations de tout un peuple; ne sont pas en eux-mêmes les plus beaux cadeaux que cette vie de corrompu ne peut-elle nous offrir? Aussi longtemps que vos cœurs continueront de battre, je ne vous demanderais qu’une seule chose, m’obéir par la simple confiance que vous me léguerez. »
EXTRAIT DU JOURNAL DE E. L. GREY I ; DERNIÈRE PAGE.
.


II — storyboard.
.


      ♦️♦️ PART 1 ; the truth is always more difficult to hear.

      - Les criminels ne sont que de la pure chair à canon ; ils portent le nom de pirates,
      et s’en accommodent tant bien que mal. La piraterie est le premier pas vers le déclin
      d’une civilisation ; vous me demandez, cher journal, qui je suis pour oser prétendre la fin d’un peuple ?
      L’architecte du nouveau, celle qui organise les esquisses et dessins de la politique parfaite. -
      page, 32 ; ligne 78 ~ ‘My sea, my country, my duty’ – personal diary of lady grey;

« Les criminels ne sont que de la chair à canon ; ils portent le nom de pirates, et s’en accommodent tant bien que mal. »
La vie n’est qu’une succession de ratures. On se trompe, on tue, on vit, on hait, on aime. Mais jamais on ne renonce. Les Grey sont des survivants. Des entreprenants au passé sombre. La petite fille naquit un après-midi d’hiver, sa mère en lui donnant naissance, eut des séquelles à cause de l'accouchement. Elle était de faible constitution, si bien qu'elle fut forcée de vivre recluse entre les murs de sa chambre, qu'elle partageait avec son tendre époux. Constamment aux petits soins, Eleonore Elvira Grey, la mère, souffrait énormément de cette attention bien trop protectrice. Mais peu importait, après une brève discussion avec lord Sylvestre Grey, ils en vinrent à la même conclusion concernant le prénom de leur fille cadette : Elvira junior. Le même que sa génitrice. Ils trouvaient cela mignon, presque touchant, de créer une sorte de lien entre un parent et un enfant. Malgré tout, l'enfant ne vécu pas une enfance heureuse, à cause de la faible constitution physique de sa génitrice, la petite blonde n'eut jamais l'opportunité de connaître les joies d'avoir une mère chaleureuse, d'être portée dans ses bras, cajolée et couverte de baisers chauds. Contrairement à son frère Eros, et sa sœur aînée Elladora. Et le manque de présence maternelle lui porta préjudice, entre les absences de son père pour son travail. La fillette ne connu réellement que sa nourrice, Beatrice.

Lord Sylvestre Grey était un homme froid, antipathique, élitiste et imbu de sa personne ; qui ne se dédiait entièrement qu'à son propre petit confort personnel et le travail dont il ne cessait de parler en longueur de journée. Il ne prit jamais ses enfants dans ses bras, et ne su jamais les féliciter lorsqu'il aurait du le faire ; il en était incapable. Les démonstrations d'affection, et même dans un cadre privé, n'étaient pas chose aisé pour cet aristocrate égoïste. Sa seule manière de s'exprimer devant ses enfants était la plupart du temps, de leur faire des reproches, ou de leur dire que ce n'était pas assez, qu'ils devaient travailler plus, et étudier encore afin d'atteindre le summum de la connaissance. Le noble misait énormément sur son fils aîné, Eros, qu'il voyait déjà comme son prochain successeur. A un tel point qu'il en délaissait complètement ses deux autres filles. Elladora la fille aînée, haïssait son père, elle ne l'appelait d'ailleurs jamais par cette connotation, et préférait le désigner d'un mouvement de tête. Quant à Elvira, la plus petite du trio d'enfants Grey, elle se contentait tout simplement de surveiller en silence les agissements de son père. De l'espionner derrière la porte, lorsqu'il était en pleine réunion avec ses collègues de travail, ou encore d'écouter attentivement les leçons de savoir-vivre, d'escrime ou de géographie qu'il donnait à Eros. Intérieurement, la petite rêvait qu'il se conduise ainsi avec elle. Qu'il fasse d'elle son héroïne, sa chouchoute, au détriment de tout. Mais c'était impossible, Eros avait bien trop d'importance à ses yeux. Au fil des années, Elvira nourrit une féroce haine envers son frère, même si elle faisait absolument tout pour ne pas le montrer en sa présence, sa rancune grandissait et nourrissait un brasier ardent impossible à éteindre. Ce fut le début de la décadence d'Elvira Grey.

Quant à sa mère, cette dernière était bien trop malade pour se préoccuper des différences bien nettes que s'amusait à faire Sylvestre envers ses trois enfants. Mais cette femme était d'un naturel calme, doux et généreux. L'absolu contraire de son époux. D'ailleurs, ils ne s'étaient unis que pour des raisons financières, par un mariage arrangé. Ils ne s'aimaient pas d'un amour passionnel, malgré le léger béguin qu'avait Eleonore pour lui.

Un beau jour, Eleonore Grey aperçut sa fille cadette errant, l'air morose, dans les couloirs du manoir de Cambridge, la ville de bourgeois où la famille s'était installée, en plein cœur de l'Angleterre. C'est dans le regard de la petite, que la grande dame compris à quel point la solitude pouvait être un sentiment très pesant. Ainsi, afin de lui faire plaisir et de lui montrer de jolies choses, elle proposa à des membres de sa famille qui logeaient aux Caraïbes, à Port Royal, de prendre en charge Elvira juste l'histoire de quelques mois. La cadette avait besoin de changer d'air et de s'éloigner de l'ambiance froide du manoir familial quelques temps, selon Eleonore. Et c'est à partir de cet instant que sa vie toute entière bascula dans l’ombre. Âgée de douze ans à l’époque, son premier voyage en mer fut un des plus mémorables. La fille ne l’oublierait jamais, et vivrait avec ce cauchemar permanent, rêvant sans cesse de cette journée comme de celle qui fut le commencement de tout.

Le bateau fut attaqué par des pirates, alors qu’une bataille se livrait sur le pont, certains descendaient dans l’espoir de voler des bijoux ou d’autres objets de valeur dans les cales. Les trésors ne sont pas tous d’or ni d’argent. La petite fille s’était cachée dans une cabine, se croyant en sécurité en ces lieux ; ce fut une grossière erreur. Lorsque la porte s’ouvrit lentement, son souffle s’arrêta. Ses jambes reculèrent, tentant de ne faire qu’un avec l’ombre. Elle resta sans voix, sans souffle, lorsque les mains du pirate se mirent à refermer la porte froidement. Ses pas le menèrent peu à peu à l’enfant, une étrange lueur d’avidité scintillant dans son regard. Il la regardait comme un prédateur. Un sourire malsain se dessina sur ses lèvres au fur et à mesure. Sa main droite effleura la joue de la jeune fille, jusqu’à descendre petit à petit. Il l’a prit ici, sans scrupules, sans sens du détail, ce fut rapide et bref. Ne pensant qu’à son propre plaisir. Une fois qu’il eut finit de la posséder, il la laissa là, et remit correctement son pantalon avant de quitter la pièce ; aussi vite qu’il fut passé. Laissant une petite fille terrorisée, alarmée et frissonnante. Encore sous le choc, ne prenant pas encore conscience de cet acte barbare. Il ne lui fallait qu’une bonne heure pour retrouver le calme. Elle recula encore et encore et se cala contre le mur lorsque la porte s’ouvrit de nouveau. Ses mains se crispant sur les bords de sa robe tâchée de sang ; vestiges de sa virginité sauvagement ôtée. Un autre homme apparût, mais l’expression sur son visage n’était que peinée, de la pitié s’y lu. Il était le plus gentil. Et la dévisagea un long moment, avant d’entendre des coups de feu à l’extérieur ; la bataille faisait rage. Il se précipita vers le hall, fuyant avec son ami en sautant à la mer. La bataille fut gagnée. Mais des choses sont restées inoubliables. Vengeresses. La petite fille se sentait mal, de fortes nausées la rétractèrent, ici, dans son coin sombre ; dans son monde. Elle voulait rester seule, elle ne voulait que sentir ses lèvres trembler, se débarrasser de cette odeur corporelle masculine mélangée à de l’alcool fort. De longues larmes chaudes et salées coulèrent le long des joues de porcelaine vernie de la petite fille, elle pleurait, sans parvenir à arrêter ce flot d’incompréhension qui s’insufflait en elle. Son coin sombre, les genoux repliés sur son ventre plat, ses petites mains se crispant à ses chevilles. Ses mains lui faisaient mal, à la petite fille. Du sang, des écorchures ; de l’eau se mêla au sang. Des pleurs, d’après la petite fille. Ses pleurs se firent silencieux, ses sanglots passèrent inaperçus tandis que la bateau tanguait, et tanguait. Elle en avait assez de pleurer, et d’être faible, elle voulait changer, la petite fille ne voulait pas être violée. La petite fille voulait se tuer. La petite fille voulait une explosion qui démarquera de sa fureur grandissante.

Il y a des cauchemars qui perdurent. Et d’autres qui ne se réalisent que des années plus tard. Comme la perte d’un être cher. Toutes les femmes n’ont qu’à l’esprit leur première nuit d’amour, certes douloureuse et ensanglantée, mais mémorable dans un sens, où elles perdent une chose importante et capitale. Toutes pensent que la virginité est le plus beau cadeau du monde. Mais lorsque certaines perdent d'une manière atroce et traumatisante leur bien le plus précieux physiquement parlant, il se trouve qu’elles sont incapables de différencier le bien du mal, animées par cette pulsion meurtrière et vengeresse.

      ♦️♦️ PART 2 ; Cacher un cadavre dans le grenier du manoir Grey.

      - Je n’ai attendu qu’un instant, qu’une brève seconde pour me jurer de le faire.
      D’accomplir ce pourquoi j’étais née, j’avais été souillée, de tremper mon fragile,
      dans mes propres combines. De crier haut & fort, avoir un passé tourmenté, avoir
      compris l’effet de tuer, la culpabilité n’est jamais venue à moi. Parce que c’était justifié,
      aux yeux du seigneur, et que le crime en lui-même, paye certaines fois.-
      page, 12 ; ligne 8 ~ ‘My sea, my country, my duty’ – personal diary of lady grey;

C'est un beau jour, qu'Elladora Grey, fille aînée de la noble et aristocratique famille découvrit avec stupéfaction, que le meurtre pouvait frapper à toutes les portes. Alors qu'elle continuait de se préparer pour sa fugue à venir, cela faisait un certain temps qu'Elladora comptait quitter sa famille, pour s'engager dans la Piraterie. Elle eut dans l'idée de se rendre au grenier de l'ancien manoir dans lequel ils vivaient autrefois, lorsque l'illusion de la famille parfaite ne cessait de les engloutir jour après jour. Personne n'y allait, il tombait en ruine, et la porte se coinçait très facilement ; d'ailleurs, aucun des habitants était parvenu à l'ouvrir ; comme si on l'avait au préalable fermée à clé. Désormais, elle, sa sœur cadette et son frère, ainsi que leur père, constamment absent, vivaient dans une banlieue résidentielle chic de la capitale londonienne. Leur mère se trouvait en campagne à Cambridge, elle avait commencé à perdre la tête après que l'on ait déduit qu'Eros avait du mourir en mer, ce dernier n'étant toujours pas revenu depuis plus de six mois, alors qu'il commençait tout juste sa formation de soldat. Ayant abandonnés l'idée de vivre dans un manoir reclus de tous, poussiéreux, et sinistre. Elladora se souvint avoir par le passé, caché un livre là-bas, essentiel pour sa fuite secrète. Ainsi, la jeune noble déchue enfila un manteau et affronta la pluie torrentielle qui s'abattit en ce moment même sur la ville de Londres. Marchant à pieds jusqu'au manoir, afin de ne pas alerter les soupçons, ce n'est qu'après avoir forcé férocement le porte, que la brunette entreprit de grimper deux par deux les interminables marches du hall d'entrée. Elle jeta un bref coup d'oeil et constata que l'état des lieux était encore pire que ce qu'elle avait auparavant pensé. Cet endroit aurait besoin d'un sérieux nettoyage de printemps, et encore, peut-être étais-ce trop tard.

Arrivée tout en haut du vieux manoir sombre, Elladora tenta de pénétrer dans le grand grenier, mais la porte bloquait une nouvelle fois. La brunette insista un peu plus fort, et finalement, cette dernière succomba et s'entrouvrit en un grincement sonore. Le seul bruit discernable était celui des bruits de pas d'Elladora, faisant frémir le parquet. Elle parcouru la pièce des yeux, à la recherche du coffre où son précieux ouvrage avait été caché ; et c'est en se tournant vers la gauche que le coup fut de taille. Elladora porta sa main à ses lèvres en poussant un cri perçant, horrifiée. Le visage blêmit, les mains tremblotantes, elle aperçu son bien-aimé frère, raide mort sur le sol, le corps couvert de coupures, de bleues bien marquants et de sang séché. Alors que la jeune femme à la robe verte se mettait à reculer de plus en plus, jusqu'à sentir un mur amortir le choc de son dos ; encore sous le choc. Elle entendit le claquement de la porte du grenier. Son sang se glaça. Elladora tourna sa tête avec lenteur et aperçu une silhouette élancée, à la robe noire. Sa sœur cadette.

- Elvira -- Elvira ! s'exclama la brunette, se sentant tout de suite immédiatement rassurée par la présence de la petite blonde. Regarde -- Eros -- il -- il est mort !
- Je le sais, répondit la principale concernée, plutôt solennellement, sans jeter un coup d'œil vers le corps de son défunt frère.
- Tu le savais ? Pourquoi n'en -as-tu jamais parlé ? Elvira ! Nous étions tous malades -- Et comment as-tu -- mais la brunette s'interrompit, en voyant le regard glacé et inexpressif de sa sœur. Aucune émotion de tristesse n'apparaissait au fond de ses yeux, ce fut à cet instant qu'elle eut un léger doute. Et ce sentiment lui transperça le cœur.
- Toi et Eros, en un sens, vous vous ressembliez...bien trop, un fin rictus amer s'ancra à ses lèvres.
- Eros-- la voix d'Elladora se coupa brusquement, réalisant enfin ce que sa sœur avait fait. Et ce dont elle était réellement capable. C'était toi -- tu l'as tué !
- Non. La coupa-t-elle froidement. Je n'ai fait que rectifier ce qui me semblait incorrect, nuance ; le regard azuré de la silhouette féminine fit quelques pas en avant, claquant la porte froidement. Elladora sursauta. Mais cela ne change rien… Il suffit juste que tu oublie ce que tu sais.
- Tu te rends compte que tu me demande de te couvrir ? le ton de sa sœur grimpa brusquement. Couvrir un meurtre, Elvira !
- C’est lady Grey. siffla-t-elle en tentant de prendre un ton à priori convainquant.
- Peu importe. Comment trouver un mot pour décrire ce qu’elle savait ? Horrible ? Compromettant ? Insensé ? Elladora avait toujours cru tout savoir de sa sœur cadette ; hors il y a des choses qui passent sous silence dés l’instant où un lien se créé. Pour une sécurité bien exquise. Il est hors de question que je trempe dans tes complots suicidaires, si c’est l’unique moyen de te faire plaisir…A faire du mal autour de toi ; se retint-elle de murmurer en un souffle.
- Bien.

L’amitié est une chose rare, semblable à du miel doré que l’on voudrait garder uniquement pour soi et ne le partager avec personne d’autre. On raconte que l’amitié survie même à toutes les épreuves de cette vie, à tous les drames, tous les cauchemars et tous les bonheurs du Monde. Ceux qui ont dit ça, n’ont jamais rencontré Elvira Grey.

- J’aimerais partir, maintenant, Elvi – Elladora se coupa d’elle-même, et prit un air typiquement sarcastique, poursuivant sur ce même ton. Oh pardon, lady Grey.

S’étonnant de prendre cette voix si moqueuse, elle en était tétanisée mais ne pouvait se retenir, comblant les quelques mètres qui la séparait de la lady, afin de bien la regarder dans les yeux. Plongeant son regard chocolaté sur celui de la nymphe aux mille secrets.

- J’espère que tu es contente. C’est vrai, Elvira avait eut ce qu’elle voulait. Je me fiche de tes principes, je me fiche de tes raisons, tu n’en avais pas, tu n’avais qu’une motivation d’égoïste, tu n’as agit que pour le gain de cause. Tu es une meurtrière. Ces mots, Elladora les lui jeta au visage, si on peut dire. Dégoûtée par ce comportement indigne qui ne lui ressemblait pas. Elle avait toujours vu en Elvira Grey, la justice, la loyauté et la bonté par excellence. Elle la croyait incapable de faire de mal à une mouche. Alors que ce n’était que mensonges. Tout n’était que mensonges depuis le départ. Qu’une couverture, elle était capable du pire. Et s’il y avait pire que le crime, Elladora était certaine que cette fille aurait testé cette hypothèse avec joie. Elvira était une menteuse. Elle n’avait cessé de jouer un rôle, et cette simple révélation lui brisa le cœur, la sœur aînée voulu pleurer. Mais lui offrir ce plaisir, plutôt mourir. Profitez de votre place dans ce Monde, vous ne le méritez certainement pas ; bonne soirée, ma lady.

Ironie jusqu’au bout.

Le visage pâle aux longues boucles brunes s’évanouit plus loin, de sa main, qu'elle plaça sur la poignée de la porte du grenier jusqu’à se mordiller la lèvre inférieure. Inutile de claquer la porte, cette fille lui avait claqué son image en mille morceaux. Hors, la porte ne daignait pas s'ouvrir. Elladora fronça les sourcils, et un frisson lui parcouru immédiatement l'échine. Le cœur battant, son sang affluant vers ses tempes, la jolie brune émit une pression depuis les muscles de sa main contre la poignée. Elle tentait désespérément de l'ouvrir, mais visiblement, le système était bloqué, ou fermé à clé. Le premier réflexe d'Elladora fut de tourner sa tête vers la droite, à la recherche de sa sœur cadette.

- Oh oui, j'avais oublié une chose, fit la voix traînante de la petite blonde, le regard perçant rivé sur le dos de sa sœur aînée.

Lady Grey eut une forte envie de la rattraper, de la saisir par le bras, de lui demander de ne pas partir, d’exprimer ses raisons, car elle en avait, et ce n’était pas seulement l’appât du gain qui l’avait motivée à ce geste. Elladora était son unique proche. Alors à quoi bon mentir, même s’il n’y avait qu’une maigre chance que son pardon soit accepté. Elladora ne devait pas supporter de cohabiter sous le même toit qu’une meurtrière sans scrupules. Car le pire, c’était qu’Elvira n’avait visiblement aucuns regrets. Et pourtant, pour ce respect qu’avait l'aînée de la famille envers la petite dernière, elle se tairait. Mettrait ses connaissances sous silence, sous clé. Jamais il ne lui viendra l’idée de la dénoncer, parce que la simple idée qu’Elvira disparaisse à tout jamais lui était insupportable. Mais cela, l'interpellée n'en avait peut-être pas l'entière certitude.

- J'espère pour toi que tu comprends ma situation, reprit le timbre sec d'Elvira, et que ton silence serait très certainement le plus beau cadeau que tu puisse m'offrir.
- Ah, nous y voilà -- se moqua son interlocutrice, s'étant retournée pour faire face à la jeune femme de dix-huit ans. C'est maintenant que tu vas me faire une offre afin que je garde le silence ? Avoue -- que cela te fait peur. Les lèvres d'Elladora se courbèrent en un sourire amusé, à mesure qu'elle s'avançait vers sa moitié, le regard flamboyant. Reconnais -- que le risque que tu finisse par payer pour ce crime est bien trop grand.
- Effectivement -- marmonna difficilement, et d'une voix rauque, Lynne. Mais tu es ma sœur, c'est ton devoir.
- Il était notre frère, et c'était également ton devoir de ne pas lui faire du mal. Il t'aimait, tu le savais-- Elladora s'interrompit d'elle-même en apercevant le visage e sa sœur se muer en une moue méprisable ; Lady Grey éclata d'un rire froid, sans émotion, et parfaitement sarcastique. Jamais il ne t'aurait violenté, mais tu n'as pas pu t'en empêcher -- tu te sentais tellement exclue à cause de père --
- Lord Grey n'a strictement rien à voir là-dedans !
- (...) que tu as bondit sur l'occasion de te faire valoir à ses yeux. Tu le voulais pour toi toute seule. Qu'il base ses espoirs sur toi, oh, jeune fille modèle. protesta la brunette aux yeux marrons, haussant le ton afin de dépasser celui de son interlocutrice ; ravagée par la frustration qui la dévorait intérieurement. Ne mens pas ! Tu viens de le prouver en l'appelant par son titre, tu ne l'as jamais appelé "père" ; jamais. Tu es si -- impersonnelle. Il est notre père, Elvira !
- Dans ce cas, il n'a qu'à se comporter comme tel ! Elvira fit volte-face, réalisant son erreur, et chercha à s'éloigner le plus rapidement que possible.

Une lueur scintilla dans le regard de la grande brune, elle venait de toucher un point sensible du comportement de la cadette. Son regard paru s'adoucir en l'espace d'un instant, et elle vint placer sa main contre l'avant-bras d'Elvira, dans l'unique but de la garder à ses côtés le temps de mettre les choses au clair.

- Elvira...
- Peu importe ! son regard balaya le grenier férocement, c'est ainsi, il est mort, et notre serment entant que sœurs est de garder cela secret. Jusqu'à ce que la mort nous sépare, tu m'entends ?
- Comment --
- Dans le cas contraire -- tu sais très bien ce qu'il se passera. Eros, ou même père ne savaient pas ce que tu faisais de tes séjours en Jamaïque. Moi, je le sais. Et tu est réellement la dernière personne à me faire un reproche. Si je tombe, je m'arrangerais personnellement pour que tu me rejoigne.

Elladora n'avait jamais eu l'intention d'en parler à qui que ce soit, mais le fait de voir que sa sœur avait encore des cartes à jouer l'effrayait. Les deux sœurs se toisaient enfin. Leurs visages se frôlaient sur tout juste quelques millimètres. Les iris verdâtres d'Elvira flirtèrent dangereusement avec celles de sa sœur, comme désirant lui envoyer un message fort significatif. L'encourager à fermer ses charmantes lèvres jusqu'à ce que la mort ait raison d'elle. Puis, la petite blonde se retourna, sèchement, comme un courant d'air glacé, et passa son chemin, la main fermement appuyée sur la poignée de la porte ; qu'elle ouvrit sans aucune douceur, avant de la claquer en sortant.

Que sa sœur finisse par la croire ou non, Elvira n'en avait que faire ; et elle ne daignait pas non plus revenir sur les raisons qui l'avait poussée au meurtre de son frère. Qui la croirait ? En toute franchise, elle préférait nettement qu'Elladora la croit cruelle, méprisable et égoïste. C'était bien plus -- valorisant que la vérité. Car au fond, seul Elvira la connaissait, et rien ni personne ne la forcerait à l'avouer à voix haute. C'était déjà si difficile de tenter d'oublier cela. D'oublier cette voix, ces mains froides, et ce sourire méprisable, qui ne faisait que lui susurrer des choses à l'oreille, avant de brutalement la plaquer contre le sol.

La jeune brune, désormais seule avec ses sombres pensées dans cette pièce, ne pu s'empêcher de scruter avec écœurement, horreur, le corps meurtrit et dénué de vie sur le sol. Déglutissant péniblement, il lui fallut un certain temps pour se décider à reprendre une expression de pure neutralité, bienveillante, et quelque peu joviale. Mais avec toutes ces visions qui se faufilaient dans son esprit, faire comme si rien ne s'était passé semblait bien plus difficile que prévu...C'est à partir de cet instant, qu'Elladora Grey compris ce qu'était vraiment sa sœur, en-dehors du masque hypocrite, mielleux et lèche-botte qu'elle ne cessait d'aborder. C'était un monstre dénué de scrupules, corrompue, et flirtant avec la mort pour servir ses propres intérêts. Prête à tout pour parvenir à ses fins, ce n'était pas une sainte, et l'aînée des Grey sembla se demander même comment une telle personne avait pu être engendrée. La réponse reste entière, les monstres de ce genre, naissent par d'autres monstres ; et sur ce terme, la brune désignait irrémédiablement son père, homme qu'elle ne faisait que haïr jour après jour. Elladora se mit à craindre une chose, et si un beau jour, elle ne convenait plus à Elvira, cette dernière oserait-elle aller jusqu'au meurtre une seconde fois ? Cette relation dite fraternelle n'avait jamais été réciproque, ce ne fut qu'à sens unique, Elladora le savait pertinemment bien. Elle était la seule à réellement aimer sa cadette. Et l'autre...le néant, comme toujours.

      ♦️♦️ PART 3 ; la montée d'une reine.

      - Afin de gravir les échelons de la haute société,
      il suffit d'avoir la renom et le titre. Il faut aussi avoir la prestance, l'élégance et
      l'ambition de prétendre à de grandes choses. On ne devient pas important,
      on l'est par la naissance, et tous les vrais aristocrates vous le diront. -
      page, 30 ; ligne 1 ~ ‘My sea, my country, my duty’ – personal diary of lady grey;

- Quelqu’un s’est levé du mauvais côté du lit. »
- Quelqu’un s’est levé dans le mauvais lit. »

Un rire moqueur s’échappa des lèvres de la domestique qui préparait le thé. Rire qui ne fut pas partagé et qui valu le regard froid et glacial d’Elvira Grey. La trentenaire aux cheveux blonds reporta ses iris glacés sur Olivia, sa belle-mère depuis que son père, lord Grey, avait quitté sa mère suite à sa démence précoce. Il s'était remarié avec une nouvelle femme, une rousse aux yeux verts, beaucoup plus jeune que lui. Tandis que la jeune servante de vingt ans baissa longuement sa tête, puis ses yeux, ne voulant recroiser ceux de son employeuse et continua avec élégance à verser le thé à l’aide d’une tellière en porcelaine hors de prix, qui faisait toute la fierté de lady Grey. Mais pas celle d’Olivia, sa belle-mère effrontée et sarcastique. On se demande d’où vient l’air de famille encore ? Il suffit de l’entendre critiquer tout ce qui bouge, même Elvira. Là on comprend d’où vient la ressemblance. L’art de se plaindre. Et actuellement, la nouvelle phobie de miss Olivia Brown-Grey était que sa belle-fille, tant aimée, était trop perfectionniste et attachait trop d’importance aux choses de valeur. Comme elle le lui avait un bon nombre de fois répété dans la même journée, suite à la fierté d’Elvira, concernant ce simple service en porcelaine. A chaque fois, Olivia arrivait à remettre ce sujet sur le tapis, ce qui sérieusement commençait à exaspérer son interlocutrice, d’où son unique désir était d’étrangler cette vieille harpie.

- La vertu passe par le don de soi.
- Certes, mais où est le rapport avec le fait de prendre mon lit ?
- Elvira, ne commence pas, veux-tu ? Il ne s'agissait que d'un pauvre accident ! Il était tard, et j'étais fatiguée, je n'ai pas fait attention.
- J'en ai des cheveux blancs, avec toutes vos histoires...
- Ne les avaient-tu pas dés le départ ?

Grimace. La petite blonde tenta de garder son calme, et de faire comme si de rien n'était. Calme...Calme...Elvira Grey leva les yeux au ciel et agita sa main droite pour signaler à sa bonne de s’approcher et de se hâter de servir son thé. C’est vital. Et à ce rythme, c’était mal partit. La jolie brune posa le nécessaire de my lady sur un chariot argenté et d’une main rapide, s’avança jusqu’aux deux femmes. L’une était blonde et l’autre rousse ; la rousse était correctement assise, les jambes croisées dans un grand fauteuil d’un vert pâle et tellement moelleux. Son interlocutrice, restait assise sur le bord du fauteuil d’en face. De profil devant sa belle-mère. Une de ses manies était de ne jamais faire comme tout le monde, de s’asseoir de travers, sur le bord d’un bureau ou d’une table, de faire différemment. Cette différence lui plaisait à cultiver.

Lady Grey junior était fatiguée. Ce qui se voyait à ses cernes se dessinant négligemment sous les yeux de son visage pâle. Olivia soupira et foncièrement, n’arrivait jamais à cerner cette femme. Et n’y arriverait sans doute jamais. Une chose attira cependant son attention, tel le vautour guettant sa proie et le moindre signe de faiblesse, elle attaqua verbalement, une lueur brillant au fond de ses yeux chocolat. Qui pendant une fraction de seconde se fixèrent sur la servante, prise en faute à écouter très attentivement les paroles cinglantes et cyniques des personnes présentes, elle trébucha sur le repli du lourd tapis en velours et le charriot tapa violemment sur la table basse. Tous les yeux se posèrent instinctivement sur le dit charriot contenant toute la porcelaine de seize heures. Autant Olivia se fichait de ça, qu’elle se concentra ardemment sur Elvira ; cette dernière n’était pas du même avis, ses yeux si froids cernaient la servante de toutes parts et sur son visage pâle apparut l’ombre d’un rictus d’intense contrariété sur son élégant front lisse. Les muscles de sa joue se crispèrent en une légère grimace. Et ses iris azurés inquisiteurs ne quittèrent absolument pas la délectation que lui procurait le fait de faire peur à la jeune employée. La fixant dans le blanc des yeux, tâchant de se faire comprendre juste par ce regard sardonique et menaçant. Olivia savait qu’à chaque fois que sa belle-fille prenait cet air-là, où avait un semblant d’autorité ou de supériorité après avoir humilié et bien serré dans ses crocs acérés de sorcière démoniaque, sa pauvre et malheureuse victime ; une remarque dite intelligente suivait toujours. Olivia attendit donc impatiemment, la confrontation entre sa nouvelle fille et la petite domestique maladroite. Elle attendait avec avidité la suite des évènements, et surtout, la remarque intelligente. Se mordant légèrement la lèvre.

- Typiquement chinoises, fabriquées à la main, et avec précaution par d’habiles mains expertes. Leurs œuvres sont très convoitées aux quatre coins du globe et les collectionneurs se pressent d’acheter au prix fort ces reliques d’une civilisation asiatique. Très charmante civilisation qui m’inspire créativité et fascination. La voix féminine d’Elvira Grey s’éleva soudainement dans les airs, après un lourd silence pesant entre les trois silhouettes féminines. Savez-vous combien coûte une tasse de porcelaine comme celle-ci ? claqua-t-elle d’un ton sec et dangereux.
- Je -- je-- ne sais pas mademoiselle. J’imagine… elle déglutit péniblement. Beaucoup ?
- Beaucoup. répéta-t-elle en la fixant sarcastiquement. Plus que vous ne pourriez jamais gagner en une vie.

Olivia scruta attentivement les traits durcis de sa belle-fille et pourtant si assurés, jusqu’à la goutte de sueur logée aux tempes de la servante, qui avala durement sa salive. Selon la gracieuse rouquine, sa nièce abusait en permanence à reprendre tout le monde, elle savait que cette dernière aimait avoir le contrôle sur tout, mais par moments, ça devenait un excès dramatique.

- Oh, lady. je suis navrée, terriblement, je n’ai pas fait attention, excusez moi.
- Si je vois la moindre imperfection ou marque sur cette porcelaine, ce sera déduit de votre salaire. »

Ce qui était en même temps très ironique. Etant donné qu’elle avait mentionné bien clairement que la jeune femme ne pourrait jamais toucher une pareille somme dans toute sa vie. Ce qui marquait nettement, la cruauté et le plaisir que cette femme prenait à torturer psychologiquement les autres. Formant un étau autour de ses dites victimes, jusqu’à les humilier. Parce qu’elle ne voyait qu’en ça, une manière de faire fuir ses propres démons et cauchemars qui hantaient ses nuits d’insomniaque névrosée. On s’était toujours demandé pourquoi elle ne dormait presque jamais, quelques heures lui suffisait, disait-elle, froidement. En vérité, elle travaillait encore la nuit, écrivait, lisait, faisait marcher sa cervelle par de la littérature sordide et par moments érotique, jusqu’à ce que ses doigts s’imprègnent de l’encre de sa plume définitivement à force d’écrire, et écrire les mêmes choses. Et jusqu’à ce que son haleine ne devienne qu’aussi exquise et subtile que le brandy qu’elle buvait sans retenue en solitaire.

- Puis-je ?... murmura la domestique, voulant s’éloigner le plus vite possible d’elle. La fuir. Olivia arqua un sourcil sous la réaction de la principale concernée, Elvira ne la regarda même pas et s’empara d’une feuille de papier qui traînait là, et en déchira un bout minutieusement, pour le poser sous la tasse de porcelaine, afin d’examiner précieusement les bords de la dite tasse rarissime. Afin de vérifier s’il n’y avait aucune imperfection sur ce matériau exigeant et très fragile. Olivia leva les yeux au ciel devant les manières matérialistes effarantes de Grey junior, un tel sens de la perfection, c’est dangereux pour elle et pour les autres. La bonne regarda les deux femmes, interloquée à son tour de la réaction de son « tyran » attitré dans la demeure. Elle s’éloigna un peu une fois qu’Olivia lui ai fait un bref signe de tête pour lui dire de se retirer, son regard curieux ne s’empêcha pas de jeter un dernier coup d’œil à la manière qu’avait Elvira Greyde surveiller la moindre craquelure ou fissure sur la tasse. Exaspérée.

- Par pitié, mon dieu, dites moi que je rêve !
- Vous me déconcentrez...
- Mais elle n’a rien cette tasse, cesse d’harceler tes serviteurs !
- Heureusement pour elle. Savez-vous quelle est la valeur de ce précieux objet ?
- Peu importe ; as-tu vu la manière dont tu as parlé à cette pauvre petite ?!
- Oh, je vois…Vous êtes du genre à inviter vos domestiques à table, hum ?
- Exactement.
- Vous ne faites point la différence entre les employés et les employeurs ; c’est navrant.
- Quant à toi, ma chère, tu es trop à cheval sur les règles.
- Vous savez qu'être une humaniste ne vous apportera absolument rien, Olivia ?

Lentement, la jeune femme prit un couteau en argent et avec précision déposa un morceau de beurre sur une tartine de pain, tout en surveillant du coin de l’œil les moindres faits et gestes de la servante. Secrètement, Elvira rêverait d’avoir autre chose à lui dire, sachant que ses mots énervaient sa belle-mère ; qu'elle haïssait pour des raisons tellement possessives, qu'il serait inutile de toutes les énumérer.

- Etre un tyran ne t’apportera rien, Elvira.

Olivia se leva brusquement et prit la tellière pour faire couler le liquide ambré dans sa tasse, exaspérée, tentant de penser à autre chose, en faisant autre chose. « je te hais. tu es ridicule. » Olivia leva une seconde fois les yeux au ciel, et esquissa un léger sourire amusé. Mais finalement, Olivia ne la détestait pas, elle était comme elle était. Complètement coincée et matérialiste, mais ses manières de surveiller jusqu’aux moindres éraflures des tasses de porcelaine, l’amusait au fond. Il fallait le voir pour y croire. Car voir Elvira Grey prendre une feuille et examiner les bords d’une tasse de thé, c’était flagrant et divertissant de voir un tel regard minutieux et assidu sur une tâche aussi futile et totalement inutile et dénuée de bon sens. Grey c’était ça, le bon sens, ça n’existait pas chez elle. Les choses futiles, les nappes mal rangées, ses vêtements mal essuyés, ses dossiers mal classés, ses étagères mal nettoyées et ses bas effilés, ça développe un instinct quasi maternel qui la fait descendre quiconque en serait responsable pour se dévouer entièrement aux objets « victimes » de ces « fauteurs de troubles ». Ce serait bien si elle faisait pareil avec les gens, ça la rendrait plus humaine. Mais croire que le monde est une partie de monopoly grandeur nature et aimer y jouer à chaque tour, c’est inquiétant de bon sens.

Seulement, il y avait un début à tout. Et penser avoir l’estime d’Elvira Grey était une chose extrêmement difficile à obtenir, et même à espérer. Même pour des membres de la famille comme Olivia.

      ♦️♦️ PART 4 ; le crime paye.

      - On est toujours rattrapé par ses erreurs, qu'on le veuille ou non ;
      il arrivera un moment où les moindres apparences s'évaporeront,
      et où les masques ne serviront à rien. Ils ne pourront plus
      cacher la vraie nature que l'on se force à masquer par-dessus tout.
      Par peur, par principe, par envie, ou par obligation. -
      page, 40 ; ligne 17 ~ ‘My sea, my country, my duty’ – personal diary of lady grey;

La pluie battait frénétiquement contre les dalles de pierre des ruelles de la ville anglaise Lady Grey était sortie ce jour-là, afin de rendre visite à sa mère, placée dans un grand manoir à Cambridge. Elvira réprima une forte envie de vomir son déjeuner une nouvelle fois à cette vue et pressa le pas, dévalant comme une furie les marches d’escaliers d’une des ruelles pour déboucher devant un immense portail noir. Ses pas la menèrent jusqu’à l’encadrement d’une porte blanche lavande, d’où une charmante chambre digne qu’un petit lapin de pâques se serait amusé à décoré avec fantaisie & amusement s’entrouvrait à ses pupilles sombres. Sans ôter son manteau beige, ni son chapeau ou ses gants ; refroidie par le temps et l’évènement, elle s’avança, faisant crisser le parquet à chaque pas nonchalant et prudent.

- Mère, devant son silence mortel, elle s’assit sur le bord du lit et effleura de ses doigts le fin drap rosé à travers ses gants noirs. son visage se crispa d’un manque d’attention, la voir aussi inexpressive lui fit l’effet d’un poignard au ventre. lentement, la jeune femme baissa sa tête et ses lèvres rouges s’entrouvrirent, comme si de rien n’était. il fait froid aujourd’hui. j’ai rendu visite à père dans la matinée, je lui ai apporté des fleurs.

La figure blanche et ridée de dame Eleonore Grey ne semblait pas écouter sa fille aînée, ni être perturbée par sa soudaine visite en ce bel après-midi. Ses yeux émeraude vides et dénués de la moindre expression restaient plongés sur la fenêtre à droite de son lit. Observant délibérément et d’une manière subjective le panorama qui s’offrait à son vieil âge de malade. Après la mort d'Eros, la vieille dame commença à sombrer dans une dépression chronique, elle devenait folle de chagrin de l’absence de sa fils aîné. Il lui venait même, dans des moments de folie et de colère contre sa propre personne, qu’elle trouvait détestable au fil du temps, de maudire sa cadette et de lui souffler qu’elle aurait préféré la voir mourir qu’Eros. Elvira ne lui en voulait pas. Elle comprenait ses raisons. Eleonore perdu toute notion de stabilité, d’envie de vivre. Dégoûtée à jamais. Elvira veilla sur sa mère encore en vie, en ayant le soutien de son oncle.

- On m’a dit que tu ne mangeais plus, sa voix devint aussi limpide qu’un murmure, mais dure. Tu sais que ce n’est pas bon dans ton état, et je ne peux pas rester plus longtemps ici, promets-moi que tu changeras cette mauvaise habitude.

Un nouveau silence froid s’instaura entre les deux uniques personnes de la pièce. La porte étant fermée. Les yeux de Elvira déblayèrent la pièce un lourd moment qui lui parut être une éternité entière. Inutile d’insister, c’était toujours comme ça. Elle n’aimait pas parler, pas même à son dernier enfant, comme si l’envie s’était évaporée.

- Je vais partir.
- Je me rappelle encore ces samedis après-midi, toi et Eros étaient si liés, si tu es là, c’est qu’il n’est pas avec toi ? Ah, je lui ai pourtant dit de ne pas se balader seul dehors, tu pourrais le surveiller pour moi, mon ange ?
- Quoi ?
- Tu ne veux pas mon cœur ? Je comprends, tu as mieux à faire sûrement, tous tes beaux ouvrages…Je me demande encore l’intérêt que tu y trouves, on voit que ton père y est pour quelque chose, tu pourrais lui demander de venir me voir s’il te plait ? J’ai quelque chose à lui dire pour la cérémonie de ta sœur.
- Père est partit en Jamaïque pour son travail, sa voix se brisa.
- Mais que dis-tu voyons mon ange ? elle s’interrompit d’elle-même et ne pu dire quoi que ce soit. réalisant la bêtise de ses paroles, et sa tête se baissa. J’aimerais être seule.

Sa main dans la sienne, le visage affaiblit d'Elvira suivit du regard la faible lueur de mélancolie qui jaillit dans les pupilles vertes de Eleonore, ses yeux s’inondèrent d’eux-mêmes de ce liquide salé et translucide. Des larmes. Elle détourna son regard pour ne pas que sa fille les voient. Cette dernière lâcha la main de sa mère sèchement et se leva, sortant de la pièce en trombe, les pans de son manteau virevoltèrent derrière elle, le visage indifférent, dont ses yeux restèrent vides d’émotion. La porte claqua comme une décharge électrique et son dos cogna contre le mur, la main encore fermement dans la poignée dorée. Elvira ferma ses yeux, bien que difficilement à cette pensée. Son souffle devint irrégulier, dans sa poitrine, son cœur battait fortement, la tension palpable, elle eut une envie de crier, de frapper quelqu’un, de jeter quelque chose, de faire quelque chose qui ne lui ressemblait pas, alors qu’elle s’apprêtait à disparaître dans les rues de Cambridge, une ombre la stoppa et lui fit face. Un homme d’une cinquantaine d’années, le médecin qui s’occupait constamment de l’état de santé de Eleonore. Officieusement, il était le médecin de famille depuis des générations.

- Vous lui avez parlé.
- Elle revit en permanence ce moment, ce qu’elle m’a demandé à l’instant, elle me l’avait déjà demandé le jour où Eros à été jugé mort.
- Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, qu’elle se concentre sur ces moments heureux, qui lui feront oublier la réalité de la vie.
- Quelle réalité ?
- Lady Grey.

L’interpellée le contourna sans un regard, fixant désespérément un point, le même, la sortie.

- Lady Grey !

La lourde porte de chêne se ferma dans un claquement assourdissant, de colère.

La voir ainsi lui faisait l'effet d'une douche glacée, se sentir obligée de rester ne faisait rien qu'attiser la lueur rougeâtre de haine dans le fond de ses yeux glacés. Depuis si longtemps elle n'avait plus ressentit le sentiment d'être proche de quelqu'un, même de sa mère. Et ça ne l'empêchait pas de prendre soin d'elle, de dire que tout allait bien, qu'elle allait bien, alors que ce n'était pas le cas. Plus le cas. Rien n'allait bien. Rien ne suivait le cours du temps, jamais Elvira n'avait voulu de ce destin funeste et tragique. Ayant tracé d'une croix rouge ses vieux souvenirs, n'y repensant plus jamais, rester avec sa mère la forçait à tout remettre en doute et à se remémorer des choses qui n'avaient plus lieu d'être. Dehors il pleuvait. Les gouttes de pluie froide se déversaient sur son visage et bientôt sa chevelure se noircit et devint aussi liquide et humide que ses vêtements, ils parurent avoir perdus de leur éclat et collaient frénétiquement ses joues pâles comme un noyé s'accrochant à son unique espoir de survie. Une larme roula au coin de son œil et se mêla aux traits de crayon noir, le corps de la jeune femme se retourna brusquement et ne fit plus aucun geste, seule au centre de la ruelle. Son regard abyssal verdâtre se plongea dans la vision du ciel furieux, de la pluie qui tombait comme une sentence résonnant à son esprit. Elle éclata en sanglot et s'appuya encore contre un mur, à de nombreuses reprises, frénétique tandis que ses mains blanches rencontrèrent son visage d'où la texture de sa peau et de l'eau l'animait. S'en fichait qu'on l'appelle, elle s'en fichait de tout. Rien à faire des gens, du monde, de la ville, de tous. Pour une fois, rien qu'elle comptait, seule entant qu'égoïste. Elle était égoïste et alors. Elle le voulait. C'était son choix. Seulement rien n'allait bien. C'était si dur. Si dur de ne pas être soi-même; et de voir tous ces visages heureux. Dur de vivre dans le mensonge et d'être forte. De se forcer à le devenir. Mais le jeu en valait la chandelle. Bientôt, l'orage passerait, bientôt tout irait, et bientôt plus rien n'importera que son nom en lettre d'or sur les livres des siècles à venir. Juste elle.

      ♦️♦️ PART 5 ; Lady Grey.

      - A mes yeux, seul le futur ainsi que le présent
      comptent, le passé est désuet. Les souvenirs ne servent qu'à alimenter le
      chagrin de l'être humain ; ainsi, il vaut mieux tirer un trait définitif sur les
      évènements de l'enfance pour vivre jusqu'au firmament. -
      page, 30 ; ligne 27 ~ ‘My sea, my country, my duty’ – personal diary of lady grey;

(…)
- Ferme-là et grouille-toi ! son ami le bouscula et se précipita vers le pont en bois reliant le bord du quai à l’intérieur du Fire Blooms.
- Tu crois qu’on peut s’enfuir avec ce vieux navire ? fit une voix. Il regarda le bateau leur faisant face, les dominant dans toute sa splendeur avec une intense déception. Presque un dégoût brièvement dissimulée sous des regards inquiets. Cédant à ses inquiétudes et jetant un dernier regard derrière lui, le navigateur soupira longuement. Une brise d’air froid produit un léger mouvement élégant, refroidissant leurs mains froides et virevoltant les légères boucles des épais cheveux châtains du plus jeune, légèrement assombris par le peu de luminosité du port.

Encore essoufflés d’avoir couru pendant plus de vingt minutes, ils n’espéraient plus que de se reposer quelque part, dans la chaleur d’une taverne à Tortuga. Mais la route était encore longue. Surtout lorsqu’une personne s’était bien mise en tête de ne pas les laisser s’échapper de sitôt sans au moins avoir eut la délicatesse de leur dire au revoir, témoignant de ses sincères condoléances préméditées.

- Non. nouvel éclat de voix. Les deux hommes se fixèrent un long moment, tout en tentant d’enregistrer la valeur de ce mot, qui ne fut prononcé ni par le plus bourru, ni par le plus tendre. Une connotation féminine, qu’avait cette voix. Le petit brun se retourna brusquement, prêt au combat, afin d’apercevoir une silhouette ombrée. Ses lèvres s’entrouvrirent pour préparer une nouvelle réplique tranchante quand le bras droit de la silhouette se leva d’une flèche ; l’acte se déroula en une fraction de seconde, un des doigts appuya froidement sur la détente d’un petit objet en fer qu’elle tenait fermement en main. Sans ciller. Un petit « pan » retentit. Puis un autre. Puis un autre. Puis encore un autre. Les deux corps d’hommes s’effondrèrent sur le sol, gardant une expression terrifiée au visage, comme si le fait d’ignorer l’identité de leur assassin pouvait à ce point les perturber. Et le jour de leur mort, ils se dirent avoir totalement loupé leur coup. Alors qu’ils s’écroulaient, l’ombre les rejoignit d’un pas lent et presque nonchalant, abaissant son arme. Une femme en noir apparût à la lumière du clair de lune. Son regard irisé et absent scruta le trou bien profondément formé sur la poitrine d’un des deux pirates, au niveau du cœur un flot inconsidéré de sang se mettait à couler, inondant leurs vêtements, les pierres du quai d’une teinte cruelle. Bientôt ils dormiraient en paix dans l’Au-delà engloutis comme dans des sables mouvants sans scrupules ayant la douce couleur de leur propre sang. La clarté lumineuse de la lune éclaira les légères bouclettes anglaises de la jeune femme, ainsi que son regard, resté presque inexpressif depuis l’instant où ses mains s’étaient retrouvées devant une vieille feuille témoignant de la condamnation de ces deux hommes. Pourquoi attendre de les pendre, lorsque l’on peut faire le travail soi-même ? Les voir mourir sans s’y mêler de près ou de loin ne la soulagerait pas, elle n’en aurait point jouit autant que si elle avait tiré sur la corde elle-même. L’ombre d’un rictus se dessina au bord de ses fines lèvres rosées, un rictus semblable à un sourire goguenard. Elle se retourna sèchement et s’éloigna doucement, sans se presser le moins de monde, savourant intérieurement chaque détail de leur mise à mort officielle ; c’est sous cette lune dégageant d’un doux parfum de vengeance, qu’Elvira Lynne Grey réalisa avoir le crime comme légitime époux. Pour accomplir son serment, il lui fallait une arme à feu, de la ténacité, et aucuns scrupules à disposition. Le claquement de ses hauts talons fut le seul bruit encore audible ici, à présent, cette nuit. Qu’elle haïssait ces gens. Elle haïssait ce système, cette barbarie mêlant la cruauté de s’en prendre à des êtres sans défense. Carpe Diem. Advienne que pourra. Elle avait fait sa justice d’elle-même, et c’est ce qui lui sembla être une affaire en or. On lui enleva son innocence à douze ans, elle leur ôta la vie, ainsi le sablier s’est vidé de son dernier grain de sable ; jusqu’au prochain deal. Elle aimait les affaires.

Elle éprouvait un malsain plaisir à avoir sentit le souffle de vie s’ôter brutalement de corps humains, d’avoir été la faucheuse qui les lia aux ténèbres, d’avoir été l’auteur d’une pareille souffrance. Seulement, la satisfaction n’était pas complète. Elvira Grey n’éprouvait pas cette jouissance d’avoir accomplit un objectif qui lui tenait tant à cœur depuis déjà de nombreuses années. Elle en voulait plus, toujours plus. Seulement, où trouver un permis de tuer sans se faire injurier d’assassin, de meurtrière, ou pire, d’être amenée à la potence ? Quelle personne accepterait volontairement de se voir mourir sans avoir quoi que ce soit à dire ? Elle eut des regrets, ce soir-là. Ils étaient partis en paix, et ce n’était pas suffisant. Comment aurait-elle pu se comporter – comment aurait-elle du agir. Elvira s’arrêta devant les murs imposants du fort. Elle ignorait ce qu’elle voulait à cet instant précis. Peut-être plus. Elle grimpa les étages supérieurs du fort afin de pénétrer dans son bureau ; s’y attardant une bonne heure et demie, à méditer sur ses récentes lettres reçues.

Ses fins doigts vernis se promenèrent le long des bords d’une lettre écrite à l’encre noire. Ses petits yeux perçants et profondément ancrés dans sa lecture survolèrent rapidement le texte, ce dernier fut écrit avec une telle délicatesse, qu’elle soupçonnait intimement que l’auteur de cette missive soit une femme. Aucune signature en bas de la page. Elle ignorait tout des raisons qui avaient poussé une personne à lui envoyer quelque chose. Et surtout une lettre de ce genre.

- Miss Grey – si vous n’avez plus besoin de moi, dit une voix à connotation masculine, debout sur le seuil de la porte du bureau ; attentif aux moindres gestes de son interlocutrice blonde, puis-je disposer ?

Le regard du jeune homme balaya la pièce avec attention, il aimait observer ce lieu, toujours aussi ordonné, propre et convenablement rangé. Il savait aussi, que si ses doigts se posaient sur le dessus d’une étagère, il n’y trouverait aucune marque de poussière. Son hôte mettait un tel point d’honneur à ce genre de petits détails, qu’il en était intérieurement impressionné.

- Miss Grey ?

Répéta-t-il avec un peu plus de fermeté dans le son de sa voix. L’ignorait-elle complètement, ou avait-elle conscience de ne pas être seule dans cette pièce ? Ce n’était pas le fait de devoir rester un peu plus tard que prévu ici, qui l’importunait ; mais cette salle l’impressionnait bien trop. Un sentiment de gêne dévorait ses moindres pensées à chaque pas franchit dans ce sombre bureau.

- Hum, oui, excusez-moi, Lady Grey ferma lentement ses paupières, émettant un vague soupir. Sa main se débarrassa de cette fameuse lettre en la jetant dans les flammes rougeoyantes de sa grande cheminée. Elle entreprit par la suite de se diriger vers un imposant bureau en chêne, situé au fond de la pièce, ses talons claquant bruyamment sur les dalles du parquet vernis ; une fois avoir quitté la douceur du tapis d’Orient.
- Bien, bonne soirée mylady, répondit poliment le lieutenant, usant d’une politesse semblable à une froideur à peine masquée. Quelque chose l’interpella cependant ; l’air qu’abordait la dame en rouge à cet instant précis. Cela lui suffit amplement à remettre ses planifications pour plus tard, avide de savoir ce qui pouvait la tourmentait en ce début de soirée. Cette lettre – est-ce la même que la dernière fois ?
- Brown. Lady Grey leva les yeux vers l’origine de cette question, plongeant allégrement son regard inquisiteur sur lui. Pouvez-vous faire des recherches sur l’auteur de cette lettre ?
- Bien entendu, miss Grey, ce sera fait. Elle ne lui avait pas répondu, mais il en conclu avoir raison. Cela faisait quelques temps que la dame recevait ce genre de lettres ; des menaces, rien de plus. Ce n’était pas ce qui l’inquiétait en réalité, elle tenait juste à faire justice de par elle-même ; comme toujours.
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